Patrice Meyer Guitariste

Patrice Meyer Guitariste

Biographie

Patrice Meyer (guitare)

né le 18/12/57 à Saverne (France)

 

Apprend la guitare en autodidacte à l'âge de dix ans et développe ainsi une technique particulière de la main droite, utilisant chaque doigt en aller-retour comme autant de médiators.

 

 

- Mai 2019 Tribute to Hugh Hopper


- Jan 2019 Tribute to Phil Miller, London (with Alex Maguire, Fred Baker, Mark Fletcher, Mark Hewins, John Etheridge, Theo Travis, John Greaves, Jim Dvorak, Jakko Jakszyk)


- 2017 Tribute to Pip Pyle ( with Patrick Buchmann , Didier Malherbe, François Verly , JeanLuc Ponthieux)


- 2016 Participates to Hans J. Kullock's Circadian dance


- 2014  HLguitars endorsement


- 2011 : Collaborates with french magazine  GuitarXtreme


- 2008 : Guitar duet with John Etheridge

 

- 2006 : Tribute to Elton Dean

 "Mahavishnu Revisited" with Hugh Hopper, Chris Cutler, François Verly

 

- 2003 : Patrice Meyer Trio guests Pierrejean Gaucher

 

- 2000-2002 : Tours in Russie with Djivan Gasparian and Didier Malherbe

  Progman Festival in Seattle with Pip Pyle's Bash

 

- 1999 : John Greaves Trio. Frangloband with Pierre-Olivier Govin

 

- 1998 : Quartet with Sylvain Kassap, Jean-Luc Ponthieux et David Pouradier

 

- 1997 : Tribute to Beatles and Soft Machine with ensemble Polysons

 

- 1995 : "l'Equip'Out" with Paul Rodgers, Elton Dean

 

- 1994/1996 : Gigs with Richard Sinclair (ex Caravan) feat. Tony Coe

 

- 1994 : "Tertio" with Pip Pyle and Emmanuel Bex

 

- 1989 : Trio with Pierre Moerlen (Gong) and Thierry Eckert

Joins Hugh Hopper (Soft Machine) quintet in Holland

 

- 1986-1987 : Quartet with H.Hopper, P.Pyle , Sophia Domancich

 

 - 1984: guitar duet with Mimi Lorenzini

 

- 1982-1983 : Travels in United States. Plays with Frank Gambale

 

- 1981 : On the road with Henri Texier and Bernard Lubat

 

- 1979-1981 : guitar duet with Philippe Petit. Opens for Jim Hall

 

J'ai commencé à jouer de la guitare en 1968, en pleine période baba, dont les échos atténués parvenaient jusque dans ma petite ville d'Alsace. Mon grand regret, encore aujourd'hui, est de ne pas avoir eu quelques années de plus pour être à Woodstock et à Wight. Comme tous les petits frères du monde j'attendais que mon frère aîné soit parti pour aller piquer sa guitare dans sa chambre. La seule pédagogie de la guitare électrique disponible à l'époque se résumait à un dictionnaire d'accords. Pour le reste il fallait se débrouiller avec des disques (vinyles) en remettant cent fois le bras du pick-up à l'endroit que l'on souhaitait relever; à la fin les sillons étaient usés jusqu'à la corde. C'est comme çà que j'ai totalement ignoré l'existence de cet ustensile appelé médiator.

 

Je pense que j'étais fasciné par le son plus que par la musique, particulièrement les fréquences graves dues à la basse électrique, qui n'existaient pas dans le jazz ou la musique classique. Un de mes plus gros traumatismes : le "Live Cream" vol 1, je n'arrivais pas à croire qu'ils n'étaient que trois ! Aujourd'hui je suis persuadé que le choix d'être musicien vient de cette sensation reçue dans l'enfance, trop forte pour être gardée, et que l'on essaie de retransmettre en apprenant à son tour à jouer d'un instrument.

 

En 69 c'était l'époque de la grande tournée U.S. des Rolling Stones, celle qui s'était terminée par le concert d'Altamont, historiquement référencé comme la fin du mouvement peace and love qui avait connu son apogée 6 mois plus tôt à Woodstock. Cette tournée était hypermédiatisée et on voyait sur les photos et posters le petit doigt de la main droite de Mick Taylor (formidable guitariste pour l'époque) détaché du reste. J'ignorais que cette position vient naturellement de la tenue du médiator chez certains guitaristes et en déduisis qu'il jouait avec tous les doigts de la main droite, y compris le petit, donc je m'empressai de l'imiter. C'est de là qu'est venue ma technique d'aller-retour de chaque doigt sur chaque corde ; à l'époque, du haut de mes 11 ans, j'étais persuadé que c'était comme çà qu'il fallait faire !

 

J'ai été encouragé à continuer dans cette voie quelques années plus tard en constatant, lors d'une rencontre avec Jaco Pastorius, qu'il était capable de renverser à angle droit la dernière phalange de chacun de ses doigts, y compris le pouce. Une particularité anatomique qui était certainement pour beaucoup dans sa technique et sa sonorité, maintenant légendaire. Par contre j'ai été surpris de constater, en plaquant ma main contre celle d'Allan Holdsworth, que les siennes étaient absolument normales, à peine plus grandes que les miennes. J'avais toujours été persuadé qu'il possédait des battoirs immenses, à en juger par ses phrases extraordinaires. Décidément il ne faut jamais jurer de rien !

 

Donc, à 16 ans, me voilà dans le groupe de mon frère ; c'était l'époque du rock progressif et il était mal vu de jouer en 4/4, mieux valait faire du 5/4 ou du 7/8, un excellent apprentissage. A 20 ans j'ai arrêté mes études et j'ai commencé à faire des premières parties en solo, de Gong et Magma entre autres. Klaus Blasquiz m'a alors invité à venir enregistrer à Paris et c'est là que j'ai eu la chance de travailler avec John Mac Laughlin, qui venait de s'y installer après avoir quitté les Etats-Unis à la suite d'un désaccord avec sa maison de disque. C'est lui qui m'a fait découvrir l'harmonie du jazz et l'improvisation tonale. Un jour, dans son appartement des quais de Seine, il m'a fait cadeau du plus beau des compliments: il s'arrête de jouer et me dit, en fixant ma main droite "écoute, tu joues plus vite que moi". Sur le coup j'étais aux anges mais plus tard j'ai relativisé en me trouvant moi-même dans la même situation avec des guitaristes plus jeunes que moi : c'était aussi une manière de calmer le gamin qui n'arrêtait pas d'en mettre plein partout avec tous ses doigts. A l'époque je ne savais jouer que vite et fort ou très vite et très fort ! Toutes ces conversations se déroulaient en franglais, comme il souhaitait pratiquer le français et moi l'anglais, il me parlait en français et je lui répondais en anglais, j'espère que nous avons fait des progrès.

 

Jim Hall aussi était resté incrédule en me voyant jouer. Un an plus tard, en 81, je jouais en première partie de lui, et je m'exercais dans les loges avant le concert, tournant le dos à la porte. Je le vois dans la glace entrer, s'approcher et jeter un coup d'oeil intrigué par dessus mon épaule. Puis il prend sa guitare et essaie de m'imiter, au milieu des rires de l'entourage. C'est là qu'il a délivré la fameuse phrase, recueillie par Martine Palmé venue l'interviewer. Je leur suis à tous deux reconnaissant, car du coup mon calendrier de concerts s'est rempli tout seul pendant un an.

 

En 83 je suis allé rejoindre mon ami Patrick Buchmann au Musician's Institute de Los Angeles. Sitôt mon arrivée je fus invité à croiser le fer avec Franck Gambale, dans la plus pure traditon du  duel de western holywoodien. C'était avant qu'il ne rejoigne Chick Corea et il n'était alors qu'un simple étudiant, mais déjà le héros de sa classe. Après quelques répétitions ce fut le concert en présence de tous les guitaristes de l'école, venus arbitrer le match. Je ne sais plus qui a été déclaré vainqueur ou si nous avons été déclarés ex-aequo, mais ce dont je suis sûr par contre c'est que, au cours d'une version supersonique de New Country de Jean-Luc Ponty, nous avons réussi à faire exploser un Peavey 150W avec force fumée et étincelles. J'attends toujours d'être sponsorisé par la marque.

 

En 85 j'ai rencontré Pip Pyle qui m'a présenté Hugh Hopper et je les ai aussitôt enrôlés dans mon quartet, bien qu'ils soient plus vieux et plus connus que moi. Au début c'était assez comique: la promo des premiers concerts était partie en retard et les gens se frottaient les yeux en découvrant que c'était le bassiste de Soft Machine sur scène ! La première tournée fut épique : j'avais une 504 break rouge (repeinte) tellement pourrie qu'on voyait la route par le plancher. Le train arrière était faussé et les pneus explosaient régulièrement. Pour faire des économies j'avais décidé de rajouter une galerie plutôt que louer un minibus. Nous nous sommes cassés les reins en chargeant le Fender Rhodes et l'ampli basse sur le toit, sous la neige en plein hiver. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ne m'ont pas attaqué en justice depuis.

 

En 86 j'ai invité Didier Malherbe à se joindre à nous pour l'enregistrement de mon deuxième disque "Dromadaire Viennois" et depuis ce n'est pas un hasard si ces musiciens sont devenus ma principale famille artistique pendant ces vingt dernières années, j'avais tellement écouté Gong, Soft Machine et Caravan à l'époque. J'ai tourné avec eux un peu partout en Europe mais aussi en Arménie, Russie et Etats-Unis.

 

Le dernier épisode de ces aventures a eu lieu en 2002 : nous avons été invité par Jerry Cook, un fondu de rock progressif, au Progman Festival de Seattle. Une Cadillac noire 6 portes nous attendait à l'aéroport, tout le matériel que nous avions demandé arrivait au fur et à mesure flambant neuf sur scène et les chambres d'hôtel étaient plus grandes que nos maisons, au début on se perdait dans la moquette en essayant de rejoindre la salle de bains, le rêve américain, quoi !

En 2008 j'ai eu la chance de pouvoir inviter John Etheridge avec mon trio. C'était mon troisième héro quand j'étais apprenti guitariste, chronologiquement après John McLaughlin et Allan Holdsworth.

Depuis, la famille Canterbury s'est endeuillée. Une bonne partie de mon activité consiste  maintenant à faire vivre le répertoire de Hugh Hopper, Pip Pyle, Elton Dean et Phil Miller.

La suite dans la rubrique ACTUALITES

 

 



21/06/2019
0 Poster un commentaire